• La société des solidarités.

     

    La société des solidarités.

     

    Que ceux qui doivent courir pour attraper leur bus se contentent de lire les quelques lignes qui suivent, elles résument l’article.

    La thèse de cet article est que la société est un tissu de solidarités institutionnalisées. Ces solidarités sont tacites ou explicites, volontaires ou forcées. L’existence de ces solidarités institutionnalisées découle, au-delà même de la division des tâches, de notre impéritie.

    Que ceux qui, au contraire, doivent attendre leur train s’attardent, s’ils le souhaitent, sur mon propos.

     

     

    Définitions.

     

    D’abord cédons à l’usage normatif qui consiste à définir de quoi on parle, ainsi le lecteur n’aura aucun doute que ce texte ne concerne pas la pêche à la mouche.

    Le Petit Robert 2004 indique que la solidarité est « une relation entre personnes ayant conscience d’une communauté d’intérêts, qui entraîne, pour les unes, l’obligation morale de ne pas desservir les autres et de leur porter assistance ». De cette définition deux termes posent problème pour l’article qui suit. D’abord le mot « conscience », puisque je défends la thèse que certaines solidarités sont tacites, donc non conscientes. Dans cette définition il faut remplacer « ayant conscience » par « faisant partie ». Ensuite le terme « obligation morale » qui découle du mot « conscience ». Dans la vie de tous les jours nous n’avons pas habituellement ce sentiment d’obligation morale. Obligation juridique peut-être, morale non. Dans mon propos il faut remplacer « obligation morale » par « nécessité ». Que ces deux modifications dénaturent totalement le concept de solidarité reste à l’appréciation du lecteur. Dans ce cas qu’il considère que je redéfinis la notion de « solidarité ».

    Qu’est-ce que le fait d’être « institutionnalisé » ? C’est ce qui prend la forme d’une institution. Les institutions « sont l’ensemble des formes ou structures sociales telles qu’elles sont établies par la loi ou la coutume » toujours selon le Petit Robert 2004.

    Une solidarité institutionnalisée est donc une forme ou structure sociale qui permet l’existence d’une relation entre personnes faisant partie d’une communauté d’intérêts, entraînant, pour les unes, la nécessité de ne pas desservir les autres et de leur porter assistance.

     

     

    Solidarités institutionnalisées

     

    Le fonctionnement de la société repose sur un ensemble de savoir-faire que chacun met à la disposition des autres. A ce titre il s’agit donc d’une aide mutuelle que chacun apporte à l’autre. La notion d’échange sera traitée plus bas mais un échange peut être envisagé comme deux solidarités croisées.

    Pourquoi ces solidarités sont-elles institutionnalisées ? Parce que la société organise l’accès à de telles aides. Cela vaut tant pour les acteurs individuels que pour les acteurs publics. Elle les organise souvent grâce à l'intervention de l'état en créant des infrastructures en dur,  (ex. : hôpitaux, école, palais de justice…), des normes de contrôle, d’accès, et d’exercices (âge de scolarité, remboursement des frais de santé, circuit d’approvisionnement comme les routes, canaux, ou chemin de fer, droit des contrats, monnaie d'échange, lois, moyens d'information, codes de déontologie, normes, formations, enseignements), etc. Partout où la puissance de l’état intervient, il s’agit d’organiser l’accès aux solidarités.

    Il va sans dire que les services publics sont l’archétype de ces solidarités institutionnalisées. Les services de santé offrent à tout un chacun la possibilité d’être soigné, ou de recevoir une prévention adéquate. Ils sont une aide destinée à tous pour le bien individuel, la prolongation de la vie, la diminution de la souffrance, une bienveillance qui va du secteur public vers l’individu qui ne saurait se soigner lui-même, soit parce qu’il n’en a pas la connaissance, soit parce qu’il est difficile, voire impossible pour lui de prendre un scalpel et de s’opérer lui-même. La nécessité biologique à laquelle s’adresse les services de santé témoigne de notre impéritie à pouvoir survivre sans l’aide d’autrui. Il en est de même pour les services de maintien de l’ordre sans lesquels le chaos et la violence porteraient atteinte à la sécurité de chacun ; pour l’enseignement sans lequel aucune compétence ne pourrait être acquise qui permette de gagner sa vie, de subsister ; ou les transports publics qui permettent de se rendre à son travail et de toucher un salaire… Les services publics sont l’exemple même de l’institutionnalisation de cette aide mutuelle que l’on s’apporte et qui se nomme solidarité.

    La solidarité semble moins évidente pour les acteurs privés. Néanmoins chaque acteur privé met à la disposition de tous des compétences. Il s’agit donc bien là d’une solidarité, et peu importe que ces services se fassent en échange d’argent ou de tout autre chose. D’ailleurs donner de l’argent peut être vu également comme un acte de solidarité. Nous verrons plus bas que l’échange de ces solidarités peut prendre plusieurs formes.

    Il convient de noter que les solidarités portent non seulement sur la dimension vitale qu’impose notre biologie, mais aussi sur l’axe des plaisirs, comme par exemple celui qui vend de la barbe à papa ou des bonbons, choses loin d’être vitales, mais qu’on ne peut produire seul, à moins d’en avoir les compétences et le matériel.

    Tous les actes humains ne sont pas des solidarités : l’exercice de la force hors cadre légitime, le non-respect des lois, la fourberie, toute chose où l’agir consiste à se comporter en parasite, à prendre sans donner. On voit donc que l’on peut basculer facilement de la solidarité à la spoliation. Le sentiment d’injustice est finalement ce qui distingue les deux. L’égalité des droits, l’accès à l’information, sont donc des dimensions essentielles qui permettent de distinguer la solidarité de la spoliation et, plus largement, d’avoir le sentiment que la société est à même de nous protéger et de permettre notre épanouissement.

    Le système politique joue son rôle dans la construction de la représentation des solidarités. Une société où l’échange des solidarités est brisé, ou considéré comme injuste, est une société qui porte atteinte à sa fonction première de subsistance et de protection des individus. Les angoisses, les souffrances qui en résultent portent leurs membres à détruire une telle société puisqu’elle ne remplit plus sa fonction primaire. Réduire les services publics c’est donc porter atteinte aux solidarités institutionnalisées, c’est porter atteinte à la société, c’est faire un pas vers sa dissolution violente.

    Mentionnons que l’échange des solidarités peut se faire sous plusieurs modalités, ainsi que nous le montre l’histoire. Le système du libre échange des biens se rapproche de celui que nous connaissons actuellement en Europe.  L’histoire nous montre que d’autres systèmes existent ou ont existé. Le système communiste de planification de la production a perduré un temps. Le système tribal ou amish de mise en commun des efforts et des compétences est un système qui existe encore. Le système du troc a également existé. Les systèmes peuvent également être hybrides. Nos systèmes capitalistes voient l’épanouissement d’associations caritatives où la solidarité s’exerce en faveur des défavorisés sans échange apparent, quoique la gratification morale puisse jouer ce rôle.

    Pour être viables tous ces systèmes nécessitent l’adhésion de ceux qui y participent.

     

     

    Solidarités volontaires ou subies.

     

    En effet les solidarités institutionnalisées se déploient sous deux modalités : volontaires ou subies. Par désir de simplification et sauf mention contraire, la non-opposition à un système est considéré ici comme équivalant à une adhésion volontaire.

    Quelques exemples de ces adhésions volontaires : l’adhésion au système capitaliste se réalise à chaque fois que nous allons au magasin, que nous achetons des services, des biens. Nous nourrissons le système dès que nous y participons. Certes « nécessité fait loi » et participer à un système ne relève pas toujours de la liberté de choix, mais de plus en plus on voit des citoyens menant des actions pour être alimentairement autonomes, marquant-là d’une certaine façon leur désaccord avec la façon dont le système organise les solidarités. Donc à chaque fois que nous utilisons une solidarité, que ce soit à travers un service public ou par un acteur privé, nous le nourrissons, nous le faisons perdurer, nous signifions notre accord avec celui-ci. Nous signifions que nous en sommes solidaires.

    Certes parfois ce système de solidarités institutionnalisées nous est imposé comme dans le cas de la fiscalité, ou de l’enseignement, puisqu’il existe un segment d’âge où la scolarisation est obligatoire. La force publique est là pour garantir que ces solidarités sont respectées par les citoyens. La force publique s’exerce aussi contre ceux qui s’inscrivent à l’encontre de ce système : l’exercice juridique sanctionne les déviants, les criminels. Le cadre juridique, l’exercice légitime de la violence, sont là pour s’assurer que chacun adhère au système des solidarités institutionnalisées, qui devient subi, mais qui garantit à la fois un service à tous, et à la fois une certaine conformité qui musèle l’individualité.

    Il y a plusieurs façons de s’opposer au système : le boycott, qui consiste à ne plus participer au système en s’en retirant ; la violence qui consiste à détruire physiquement la société comme avec les blackblocks ; la politique, qui dans une démocratie donne au plus grand nombre la possibilité d’effectuer les modifications sur la société de façon à l’adapter au meilleur intérêt du plus grand nombre. Il existe d’autres méthodes d’opposition telles que la grève et la grève du zèle, les procédures juridiques où les décisions de l’état vont être contestées, les grèves de la faim, les manifestations, la sécession soit à travers la création de communautés qui s’extraient de l’espace social, soit à travers la volonté d’indépendance d’espaces linguistiques ou géographiques comme en Catalogne. Ajoutons bien sûr la dictature qui consiste à remplacer par la force un système par un autre au détriment du plus grand nombre, et donc au détriment de la solidarité, avec bien souvent un grand nombre de victimes à la clé. L’abstention au vote est lui-aussi une façon de signifier le manque d’adhésion au système.

    Comme l’exercice de la solidarité dépend étroitement du bien du plus grand nombre, c’est-à-dire de la démocratie (en Europe), une autre façon de détruire la société et ses solidarités institutionnalisées consiste à s’attaquer aux cadres légaux démocratiquement déterminés, et à réinstituer la loi du plus fort comme principe de fonctionnement. Cette destruction, au lieu de venir de la base, peut venir de l’Etat lui-même, soit à cause de son manque de moyens, soit par idéologie. Ainsi l’idéologie néolibérale qui abolit tout pouvoir régulatoire de l’Etat débouche sur la loi du plus fort. Le manque de moyen de l’Etat quant à lui signifie la réduction des services publics, et la diminution de la société comme espace de protection des individus, la discréditant par là-même aux yeux d’un nombre toujours croissant de citoyens, et la mettant en danger.

    Une façon de détruire la société en tant que tissu de solidarités institutionnalisées est donc celle qui consiste à détruire la démocratie. Or on a vu un certain nombre d’évènements se produire en France qui vont dans ce sens. D’abord, si l’égalité « une personne, un vote » est toujours préservée, l’abstention porte atteinte à la démocratie en distordant la représentativité de certains mouvements politiques. Ensuite la démocratie c’est aussi de pouvoir voter pour des programmes politiques bien distincts. Or droite ou gauche, la politique menée a finalement été perçue par un bon nombre de concitoyens comme étant la même depuis un certain nombre d’années, ce qui peut les amener à se demander où est la démocratie dans de telles conditions. Enfin ce n’est pas tout d’avoir des programmes politiques bien distincts, encore faut-il pouvoir les mettre en œuvre et en être responsable devant les électeurs. Or la multiplication des strates de responsabilités politiques finit par dissoudre cette responsabilité et rend plus difficile son exercice. Les élections qui mènent les élus aux responsabilités ne se traduisent plus par des actes sur le terrain. Par exemple un maire ne peut plus agir parce que la communauté de communes n’est pas du même bord politique. Cette dernière peut se voir entravée par le département, lui-même entravé par la région, puis par l’état, puis par l’Europe, puis par des traités multilatéraux. Pas moins de 7 strates de responsabilités qui viennent détruire la mise en œuvre et la responsabilité des politiques… Sans parler des moyens qui peuvent manquer pour mettre en œuvre une politique donnée.

    Notons de plus que l’édifice qui fait reposer la liberté sur l’égalité et l’égalité sur la fraternité, que l’on pourrait appeler de façon plus juste « solidarité », est mis à mal dès lors que cette dernière est atteinte. Or force est de constater que le perdant d’une élection est d’une certaine façon solidaire du gagnant en continuant de contribuer au système, en ne prenant pas les armes, etc. De même le vainqueur est-il lui aussi d’une certaine façon solidaire du perdant en n’abusant pas de ces prérogatives régaliennes notamment par l’usage de la force publique pour ne pas persécuter les perdants. Or tant les explosions de violences d’extrémistes, que les désaffections de responsables politiques vis-à-vis de leur parti après les primaires signifie une érosion de la solidarité, solidarité  qui est la base même de cet édifice démocratique.

    On voit que de toutes parts les solidarités sont attaquées et avec elles la société démocratique, la liberté, l’égalité.

     

     

    Solidarités tacites et explicites.

     

    Le degré de l’évidence avec laquelle apparaissent les solidarités est question de point de vue.

    Les institutions solidaires les plus explicites sont bien sûr les associations caritatives, dédiées aux plus faibles, aux plus défavorisés, à ceux qui n’ont pas pu bénéficier des solidarités institutionnalisées parce que celles-ci ont échoué dans leur mission, ou parce que ces laissés pour compte n’étaient pas à même de se mouler dans le système. Car c’est la grande faiblesse de nos sociétés que celle de fermer la porte à ceux qui ne peuvent pas s’y conformer, bien souvent pour des raisons familiales, car les liens qui s’y sont noués se sont trouvés trop toxiques pour permettre un équilibre favorable à l’insertion sociale. Notons au passage que le facteur de non-conformité des familles par rapport au fonctionnement social est un facteur d’exclusion. Les zones de non-droit sont aussi un facteur d’exclusion, de même que les idées préconçues à l’égard de la société, idées qui découlent de groupes idéologiques ou religieux.

    Ensuite, à mon avis, viennent les services publics. Quoique leur nom affiche clairement le fait qu’ils sont des solidarités (services) institutionnalisées (publics), on ne les envisage bien souvent que sous l’angle du fonctionnariat.  Il faut prendre conscience qu’ils sont l’expression de la solidarité de la nation envers tous. Tous en bénéficient, salariés comme entreprises, actifs comme retraités, enfants comme adultes. Ils prennent en charge l’insertion de l’individu de la naissance à sa mort et font en sorte qu’il puisse contribuer à la société et en assurer la pérennité dans un contrat implicite où en retour la société assure la sécurité de l’individu.

    C’est quand ce contrat implicite se trouve rompu que la société risque d’être détruite par les dissentions, les violences, les intérêts particuliers qui ne se retrouvent plus dans un système qui ne les protège plus. Or moins de services publics comme le veut l’idéologie néolibérale actuelle, c’est mettre à mal les processus d’intégration des individus à la société, leur protection, et c’est en retour priver la société de la solidarité de ces mêmes individus, voire susciter leur hostilité, leur lutte armée. C’est donc inévitablement mettre en danger la stabilité des sociétés. On voit bien que les jeunes des quartiers où règnent des zones de non-droit ont plus de probabilité de devenir des délinquants, voire des djihadistes qui s’attaquent physiquement à la société, tuant des innocents et violant les principes mêmes de la religion (tu ne tueras point). C’est dire à quel point les frustrations que leur inflige la société peuvent être un pousse-au-crime.

    Enfin viennent des solidarités tacites. Elles ne sont pas apparentes mais bien réelles. C’est notamment le fait de participer au système capitaliste en achetant ou en vendant des produits, des compétences ou des services. C’est le fait de ne pas s’opposer au système démocratique. C’est le fait de rester au sein du système de la société. Lorsque ces accords tacites sont violés la loi, parfois, use de la force publique pour faire rentrer dans le rang les dissidents.  Ainsi la mise hors circuit du système de santé des enfants provoque-t-elle l’action des services sociaux, pour leur sécurité. Ainsi les zadistes sont-ils expulsés des terres qu’ils occupent, à moins qu’ils réadhèrent à la société à travers des projets remis en préfecture. C’est-à-dire qu’on leur demande d’être à nouveau solidaires du fonctionnement social. Donc certaines solidarités tacites apparaissent lorsqu’elles se trouvent attaquées. C’est aussi le cas du système capitaliste lors des boycotts.

    Le sujet traité ici doit être immense, car je soupçonne que toute organisation humaine, que toute activité humaine puisse être interprétée sous l’angle des solidarités. Une même langue, n’est-ce pas être solidaire d’une pratique linguistique commune ?  Bien sûr la nécessité vitale rend nécessaire l’existence d’un espace commun de rencontres et d’échanges, c’est-à-dire l’existence d’une normalité, et d’une solidarité vis-à-vis de cette normalité, qui perdure tant qu’elle est efficace à remplir son rôle de protection des individus.

     

     

    Les raisons des solidarités

     

    La raison qui justifie ce tissu de solidarités institutionnalisées c’est donc la capacité à protéger les individus, à leur procurer les possibilités d’un accomplissement personnel.

    La création d’un tissu de solidarité n’est pas une question de choix mais une question de nécessités, ce qui ne veut pas dire que d’autres systèmes d’organisations humaines ne pourraient pas voir le jour, notamment avec l’avènement de la robotique et des algorithmes ou d'un revenu universel.

    La nécessité de la solidarité apparait clairement avec la division des tâches. Lorsqu’on a besoin du boulanger pour avoir une baguette on a intérêt à le protéger pour qu’il puisse continuer à assurer sa prestation (notons au passage que la compétition qui introduit la destruction des métiers les moins performants comporte en elle-même les graines de la destruction des solidarités et donc de la société, d'où l'importance cruciale de la formation professionnelle pour la cohésion sociale). D'une façon similaire, Durkheim disait : « si la division du travail ne produit pas de solidarité, c'est que les relations des organes ne sont pas réglementées, c'est qu'elles sont dans un état d'anomie » (De la division du travail social).

    Or cette division des tâches est inhérente aux différences individuelles. On imagine mal quelqu’un de faible faire des travaux de force ou quelqu’un qui a des gros doigts faire de la dentelle. De même on imagine mal une femme sur le point d’accoucher couper des arbres et les débiter.

    Le problème prend une dimension extrême lorsque l’on envisage le fait d’être blessé. Sans l’aide d’autrui impossible de survivre par exemple avec une jambe cassée, car impossible de se déplacer pour se procurer de la nourriture. De même le bébé est-il dans l’incapacité totale de survivre sans l’aide des adultes. L’impéritie est au fondement même de notre expérience de vie et c’est elle qui impose la nécessité de la solidarité et partant celle de la société. C’est d’elle dont découle notre organisation familiale, sociale, en un tissu de solidarités.

    Tout ce qui vient fragiliser ce tissu de solidarités fragilise l’organisation sociale et fragilise la capacité de la société à assurer son rôle élémentaire de protection des individus. Lorsque les individus ne trouvent plus en l’organisation sociale la satisfaction de leur besoins élémentaires (le contrat social est rompu, voir Rousseau) alors l’angoisse, les émotions, les sentiments d’injustice, la rage, les mènent à la détruire. Il s’agit là de violences, de destruction physique des biens et des personnes. D'ailleurs les guerres existeraient-elles si des solidarités unissaient les protagonistes ?

    Enfin selon Wikipédia, dans « Du contrat social » : « Rousseau établit qu’une organisation sociale  juste repose sur un pacte garantissant l’égalité et la liberté entre tous les citoyens. Ce pacte est contracté entre tous les participants, c’est-à-dire l’ensemble exhaustif des citoyens. Dans le pacte social, chacun renonce à sa liberté naturelle pour gagner une liberté civile. » Hormis le fait que la liberté naturelle n’existe pas à cause de notre impéritie, la solidarité est selon moi l’essence, le fondement profond et enraciné biologiquement dans chacun de nos corps, du contrat social.

     

    Est-il besoin de rallonger cet article par une conclusion ? Que le lecteur se rapporte utilement à l’introduction et ne m’en veuille pas si à cause de moi il s’est endormi et a raté son train…

     

    Stéphane Godin

     

     

     

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Vivi
    Samedi 28 Avril à 16:40

    Oups en effet c'est presque une thèse que tu viens d'écrire... que dire... enfin qu'écrire après cela... Je déteste la politique et c'est bien difficile pour moi d'y entrer... même en polémiquant et puis ce n'est pas mon fort je suis  peu cultivée à ce sujet... je vois bien ce que tu veux dire... mais comment l'exprimer... je pense que nous sommes tous nous les être humains sur la même planète et que nous ramons tous sur le même navire comme disait je ne sais plus qui en fait il parlait de bateau...Je me souviens d'un vieux dicton qui disait à peu près ceci... il ne peut pas pleuvoir chez ton voisin sans que tu n'aies les pieds mouillés... Pour moi c'est cela la solidarité... Kissous 

      • Samedi 28 Avril à 18:47

        Merci Vivi pour ton commentaire, ta présence, ton avis. J'aime ce dicton. Peut-être devrait-on se souvenir un peu plus de la sagesse populaire.

      • Vivi
        Samedi 28 Avril à 20:11

        avec un S à êtres... lol kissous

         

    2
    Samedi 28 Avril à 20:23

    J'avai pa remarqué !

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    3
    Philippe Kauffmann
    Dimanche 29 Avril à 11:19

    je ne suis pas sûr que la pêche à la mouche évoquée en introduction soit si loin de la réalité. En effet ce sport se pratique à l'aide de leurres qui ont pour but d'attirer les victimes en leur faisant prendre les vessies pour des lanternes. C'est bien le cas de figure actuel qui utilise de nombreux leurres afin de casser la solidarité (car qui est uni est plus fort.) Queques exemples: s'il y a du chômage c'est parce qu'il est trop difficile de licencier. Si la SNCF est en déficit c'est à cause du statut des cheminots. S'il y a des pauvres c'est parce que les riches ne sont pas assez riches (et donc la théorie du ruissellement ne peut pas fonctionner). Conclusion: on nous prend bien pour des truites et nos dirigeants ultralibéraux se déchargent de plus en plus sur un modèle de solidarité privée type restos du coeur, association Abbé pierre ou tant d'autres en considérant que les premiers de cordée n'ont pas à être solidaires avec ceux qui sont à la traine et qui ne pourraient que les ralentir dans leur progression vers toujours plus de biens et de profits.

    Voilà, désolé d'avoir été un peu long mais tu vois que j'ai laissé passer mon bus pour pouvoir te lire jusqu'au bout.Bravo pour tes articles et à bientôt.

      • Dimanche 29 Avril à 14:22

        Merci Philippe, pour tes remarques et ton temps ! et désolé pour le bus ! sarcastic

         

      • Dimanche 12 Août à 15:47

        .. et nous sommes bien d'accord !!! (mieux vaut tard que jamais !)

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